Manager de risques

Un travail d'évaluation et de prévention : Habituellement, les entreprises se déchargent de leurs risques auprès des assureurs. Mais l'accélération des évolutions technologiques, des activités économiques et des décisions rend l'entreprise de plus en plus complexe. Cette complexité nécessite d'intervenir en amont. C'est le rôle du manageur de risques dont la mission première est la prévention du risque, l'anticipation.

Dans un premier temps, il identifie les risques encourus par son entreprise. Les risques purs concernent les accidents (défaillances électriques, pertes d'informations, dangers liés à la pollution, etc.). Les risques spéculatifs concernent les conséquences des décisions prises par la société (lancement d'un nouveau produit, programme d'investissements...). Après analyse, le manager de risques compare puis souscrit les contrats d'assurance répondant aux besoins de la société, ou réexamine les contrats existants pour les adapter à l'évolution de ses activités.

Mais sa mission ne s'arrête pas à la gestion de contrats d'assurance. Il a un rôle de prévention et d'aide à la décision auprès de sa direction. Il suit les évolutions technologiques, les changements d'activité, élabore des scénarios afin d'en prévoir les incidences. Il remet des diagnostics à sa direction, propose des changements et l'aide à décider des mesures de prévention à mettre en place pour gérer les risques. Il pourra par exemple proposer d'installer un système de protection pour lutter contre les pirates informatiques, d'ajouter une clause à un contrat commercial pour lever toute ambiguïté ou éviter toute contestation d'ordre juridique, etc…

Ainsi, le manageur de risques contribue à améliorer la qualité des décisions et à préserver l'équilibre de sa société.

Conditions de travail

Une position hautement stratégique

Bien qu'il travaille dans le domaine des assurances, il n'est pas salarié d'une compagnie mais d'une grande entreprise. Il exerce au sein du service gestion des risques ou de la direction financière.

Le manageur de risques intervient sur des enjeux financiers, techniques, humains, sanitaires et sociopolitiques. Il ne supporte pas seul les effets secondaires engendrés par les décisions de son entreprise, même si l'on constate aujourd'hui que l'on fait souvent appel à lui pour les identifier, les réduire et les amortir.

Son rôle de coordination le conduit à être en contact permanent avec toute la hiérarchie de l'entreprise, des responsables d'unité à la direction générale. Par ailleurs, il est l'interlocuteur privilégié des sociétés d'assurances pour mettre en place des garanties spécifiques et trouver les meilleurs tarifs. Il négocie ainsi avec les courtiers, les technico-commerciaux, les agents généraux des compagnies ou les réassureurs.

Qualités requises

Un grand pouvoir de persuasion

Impossible pour le manageur de risques de ne pas être au fait de ce qui se passe dans l'entreprise. Son activité l'oblige à en connaître tous les rouages : enjeux, moyens humains, techniques et financiers, us et coutumes, contraintes... Il doit organiser et alimenter un véritable réseau d'informations. C'est un communicant, indubitablement. Il sait prendre des initiatives, négocier et argumenter pour défendre ses choix dans des situations parfois délicates. Il n'a aucun pouvoir de décision, mais il doit savoir convaincre. Par ailleurs, il doit être doté d'une grande capacité d'analyse afin d'évaluer les risques et de préconiser des solutions en rapport avec les moyens disponibles sur le marché de la sécurité.

Le métier a une forte dimension internationale, puisque le manageur de risques exerce souvent dans les grands groupes. Une parfaite maîtrise de l'anglais est donc exigée, et la pratique d'une seconde langue étrangère est appréciée. Enfin, la connaissance du droit des sociétés et de la fiscalité internationale est un atout.

Carrière – Promotion

Des postes réservés aux cadres expérimentés

On ne recense à l'heure actuelle que quelques centaines de manageurs de risques en France. À l'origine, ils étaient souvent courtiers ou agents d'assurance. Avant d'exercer ce métier, tous et toutes ont acquis une solide expérience dans les secteurs de la banque et/ou des assurances.

Ces manageurs sont principalement embauchés dans les grandes entreprises qui exercent des activités industrielles à haut risque (chimie, pétrole, aérospatiale, etc.). Mais certains travaillent en tant que consultants indépendants. C'est d'ailleurs probablement dans le secteur de l'audit d'assurances pour les PME-PMI et les collectivités locales que la fonction prendra de l'ampleur.

Ce métier étant assez récent, il est encore difficile d'identifier des perspectives d'évolution. Le manageur de risques pourra très certainement exercer également dans un cabinet de conseil en gestion du risque. Il pourra prendre en charge la direction d'une agence ou d'un cabinet de courtage. Par ailleurs, les possibilités d'expatriation sont nombreuses : ce professionnel doit en effet se déplacer souvent à l'étranger pour visiter des entreprises et vérifier leurs installations.

Formations

Aux frontières de l'assurance, de la finance et de l'audit, ce métier requiert des connaissances à la fois généralistes et très techniques. Pas de parcours type pour devenir manageur de risques, bien qu'il existe aujourd'hui des formations clairement orientées vers la gestion du risque au niveau bac + 4 ou 5.

La formation initiale peut être technique, économique, juridique ou commerciale. Ainsi, un DUT hygiène sécurité et environnement, un DEUG scientifique, un diplôme d'école de commerce ou d'ingénieur constituent de bonnes préparations. Des études universitaires en droit, finances ou assurances peuvent aussi servir de tremplin vers un troisième cycle en gestion du risque.

Les spécialisations sont envisageables à partir du second cycle en maîtrise de sciences et techniques (MST ) identification, analyse, management des risques et de la sécurité (à l'Iriaf , à Niort, iriaf.univ-poitiers.fr ).

En troisième cycle, une vingtaine de DESS et quelques mastères spécialisés proposent des formations dans ce domaine :

• DESS économie et gestion des assurances dommage et santé (à l'Iriaf), gestion des risques (Rennes 1), gestion des risques chimiques et biologiques dans l'entreprise (Nantes), sciences du risque (Montpellier), sciences du danger gestion du risque (à l'Iriaf), sécurité des procédés industriels et maîtrise des risques (Rouen), techniques de l'assurance et management du risque (Paris 9 Dauphine)

• Mastères spécialisés management des risques (IMR et ESC Bordeaux), management des risques et gestion des crises (École supérieure d'ingénieurs de Marseille), environnement et risques industriels (École nationale supérieure de chimie et physique de Bordeaux)

Publié le 30 Octobre 2007

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