Plusieurs paramètres d'emploi entrent en jeu au-delà du salaire ou de l’attractivité de l’entreprise.

Interview Mouna Benhidan, Directeur associé du cabinet Optimum conseil.

Généralement, les cadres sont avant tout soucieux de la rémunération et des avantages offerts par l’entreprise. Ils sont ouverts à la mobilité géographique en contrepartie d’une rémunération attractive et d’un plan de développement de carrière clairement défini.

Changer d’entreprise n’est jamais facile. Car on sait généralement ce qu’on quitte, mais pas ce qu’on va retrouver ailleurs. Mounia Benhida, directeur associé du cabinet Optimum conseil, nous éclaire un peu plus sur les bonnes questions à se poser avant de changer de job.

Certaines personnes en quête d’emploi cherchent systématiquement à faire carrière dans une grande entreprise quand d’autres ne jurent que par la PME. Qu’est-ce qui détermine ce choix ?

Avoir un poste polyvalent dans une PME peut être un plus car on développe rapidement une capacité de prise d’initiatives. A contrario, un emploi dans une grande entreprise apporte du crédit auR00;CV.R00;C’estR00;l’assurance d’avoir été formé suivant des normes internationales. Pour certains, c’est jouer la sécurité, surtout en ces temps de morosité économique.
Mais la grande entreprise n’est pas toujours la meilleure école. C’est bien souvent la PME qui offre aux débutants et jeunes cadres les meilleures perspectives de croissance. La mobilité interne y est très courante. Parfois même inattendue. Dans une PME, il y a souvent tout à faire, tout à construire. C’est un défi, certes, pour ses dirigeants mais aussi pour ses salariés qui ont une carte à jouer. Intégrer une PME, c’est rejoindre une petite équipe qui peut rapidement se développer. C’est donc se donner une chance d’évoluer au sein d’une structure dynamique et d’acquérir de nouvelles responsabilités en quelques mois, là où il en faudrait trois fois plus dans un grand groupe, ce qui est professionnellement très motivant, surtout en début de carrière.
Dans une grande entreprise, jeunes diplômés et jeunes cadres se voient attribuer des missions très précises et parviennent, non sans une certaine patience, à évoluer. Ces structures ont des départements RH et des procédures RH bien en place, qui protègent l’employé, et se focalisent sur la productivité, l’engagement et la satisfaction. Elles ont tendance à mieux payer grâce au profit qu’elles génèrent, et à offrir plus d’avantages, y compris des formations et des programmes de développement. Les grandes entreprises sont aussi plus stables financièrement, ce qui fait qu’il est plus facile d’envisager vos plans de carrière sur le long terme.

La question d’un salaire motivant vient-elle souvent en premier lieu ?


Généralement, les cadres sont avant tout soucieux de la rémunération et des avantages offerts par l’entreprise.
On se donne souvent bonne conscience à dire que l’argent n’est pas si important que ça. Les employeurs doivent garder à l’esprit que c’est cette donnée qui conditionnera le train de vie et l’évolution de carrière de leurs futurs cadres.
Plus une entreprise est prête à rémunérer une personne, plus elle accordera de l’importance au travail et aux responsabilités de cette personne. En deuxième lieu, les cadres vont rechercher une entreprise qui soit reconnue sur la place et qui leur apporte des opportunités d’évolution.

La mobilité géographique est-elle un facteur qui influence le choix des cadres ?


De nos jours, les cadres et salariés sont ouverts à la mobilité géographique, tant que l’entreprise leur offre une rémunération attractive et un plan de développement de carrière clairement défini. En effet, le développement de zones économiques, en dehors de l’axe Casa-Rabat, est une réelle opportunité pour beaucoup de cadres de «faire carrière» plus rapidement.
Par ailleurs, le développement des infrastructures au niveau national encourage ces cadres à envisager de se délocaliser vers d’autres régions que leur ville d’origine.
Toutefois, il existe des freins à la mobilité géographique, d’abord financiers (logement, emploi du conjoint, coûts de la réimplantation, etc.) et des freins psychologiques (déracinement et changement de repères sociaux, peur de l’inconnu, etc.). Si la mobilité professionnelle géographique apparaît comme une des réponses stratégiques à la situation de l’emploi à l’échelle nationale et en réponse à la politique de régionalisation voulue par le Maroc, elle semble fortement liée aux compétences de pilotage stratégique des entreprises, plutôt mises à mal dans cette période de crise financière et économique mondiale et plus généralement dans un contexte de changements permanents.



Emploi : Les critères à privilégier
Au-delà de l’attractivité de l’entreprise, il y a un certain nombre de facteurs à prendre en considération :

- La part de marché de l’entreprise
Il faudrait choisir une entreprise qui soit robuste et dont la part de marché est croissante. Il s’agit de cibler des entreprises leaders dans leur secteur, qui ont réalisé de bonnes performances, qui acquièrent de nouveaux clients, qui retiennent le business et assurent la satisfaction des anciens clients.

- La culture et les valeurs

Toutes les cultures d’entreprises ne correspondent pas forcément à l’individu et à ses attentes. Il vaut mieux chercher à s’informer sur la culture de l’entreprise (à travers son site web ; le type de manifestations organisées pour les collaborateurs, etc.) et celle de l’équipe afin de s’assurer que l’éthique, les valeurs et l’atmosphère conviennent au futur collaborateur.

- La réputation
Faire ses recherches pour s’assurer de la réputation de la structure, comprendre le passé de l’entreprise et son image sur le marché, apporte une meilleure compréhension et perception de la structure à intégrer.

- Le turnover du personnel
Certaines entreprises ont substantiellement un important turnover du personnel par rapport à d’autres. Celles-ci doivent être abordées prudemment lorsque l’on est à la recherche d’un emploi à long terme, de la sécurité de l’emploi et de la stabilité de carrière. Il faut essayer de comprendre pourquoi certains postes sont ouverts, qu’est-ce qui s’est passé avec le prédécesseur, quelle est l’attitude du management à l’égard du développement et de la rétention des employés...

- La formation
Il est intéressant de se renseigner sur la politique de formation d’une entreprise. La formation permet soit de consolider ses compétences soit même d’élargir son champ de compétences.


Brahim Habriche. 

Lavieeco.com

Publié le 5 janvier 2012.

Mis en ligne le 6 janvier 2012.