Amara: 2012 a été déterminante et prometteuse pour le secteur aéronautique marocain.

L'année qui s'achève s'est distinguée par la signature, en juin, par le groupe Bombardier et la société de portefeuille et de gestion immobilière marocaine, MIDPARK Invest, d'une promesse de vente d'un terrain devant abriter l'usine Bombardier au Maroc, et qui se situe au sein de la zone P2I Aerospace City de Nouaceur. Le gouvernement marocain et le groupe canadien ont conclu, en novembre 2011, un mémorandum d'entente portant création de l'unité industrielle de Bombardier qui sera spécialisée dans la production de composants aéronautiques. Cet investissement, d'un montant global d'environ 200 millions de dollars sur 8 ans, permettra de créer approximativement 850 emplois directs. La production des premiers composants d'avions Bombardier made in Morocco commencera courant 2013.

"La signature de cette convention et le démarrage de la zone industrielle P2I d'une superficie de 125 ha, qui sera réservée spécialement à l'aéronautique, prouvent la capacité du Maroc à attirer des investisseurs de renommée internationale", a indiqué le ministre de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, Abdelkader Amara dans une déclaration à l'agence MAP. 2012 a été une année de prospection de tous les marchés, selon M. Amara qui a rappelé sa présence au salon aéronautique international de Farnborough (sud-ouest de Londres) organisé en juillet. C'était une occasion de "faire le tour des géants d'aéronautique (Boeing, Airbus, Bombardier, Embraer et les autres) et d'essayer de vendre le Maroc en tant que destination d'investissement en matière d'aéronautique", a-t-il dit.

Pour vendre, ne faut-il pas se montrer aguichant et savoir étaler ses charmes ? Le ministre nous répond par l'affirmative. "Il y a un sous bassement très important qu'il faut comprendre. Il y a une chaine de valeur qui plus vous l'étoffez, plus vous captez d'investissements", a-t-il expliqué. Outre une infrastructure d'accueil industrielle conforme aux standards internationaux (zone P2I), il faut qualifier les ressources humaines en leur assurant une formation adéquate censée répondre aux demandes d'un marché international très exigeant. "Il faut mettre des métiers qui permettraient à un groupe comme Bombardier ou Airbus de dire +ça m'intéresse, je m'installe+", a-t-il renchéri.

"Nous avons un institut des métiers de l'aéronautique (IMA) qui a démarré et dont nous allons faire une extension parce qu'il y a une demande et il permettrait de qualifier les ressources humaines dans un domaine de haute technologie", a précisé M. Amara. Avec une "centaine d'entreprises exerçant dans le secteur de l'aéronautique réalisant un chiffre d'affaires de 7 milliards de dirhams (MMDH), destinées 100 pc à l'export", le Maroc se positionne en destination privilégiée de la sous-traitance aéronautique. Le Royaume présente également un avantage compétitif concernant les coûts d'exploitation.

En comparaison avec le sud de l'Europe pour certains postes financiers, les coûts sont jusqu'à 30 pc moins chers. Dans le cadre du Pacte national pour l'émergence industrielle, le potentiel estimé de développement du secteur au Maroc à l'horizon 2015 se chiffre à environ 4 MMDH du PIB additionnels et la création de 15.000 nouveaux emplois directs. Lesquels objectifs ont été estimés sur la base de développement de huit métiers à forte valeur ajoutée, notamment le travail des métaux, l'assemblage, l'ingénierie et la conception, les systèmes électriques et le câblage, la maintenance, la transformation et la modification d'avions.

Le Maroc, qui a connu l'implantation, ces dernières années, de grandes références mondiales dans le secteur aéronautique telles qu'Eads, Boeing, Safran et Bombardier, ambitionne de voir encore atterrir sur sa piste de grands donneurs d'ordre mondiaux.

Aeronautique.com

Mis en ligne le 30 décembre 2012.