Le tourisme, un secteur clef tout juste en convalescence.

Le tourisme, secteur clef dans l'économie tunisienne, a amorcé sa reprise l'an dernier, mais n'a pas encore retrouvé son niveau de 2010.

La brutale dégradation de la situation politique en Tunisie pourrait contrecarrer la reprise tout juste amorcée de son secteur touristique, ô combien stratégique, déstabilisé en 2011 avec la « Révolution pour la dignité » et plus globalement par « le printemps arabe ». Car 2012 a donné lieu à un retour des clientèles étrangères.

Selon le ministère du Tourisme tunisien, le nombre d'arrivées aux frontières a ainsi globalement crû de 29,4 % par rapport à 2011, pour frôler les 6 millions. Le total des nuitées hôtelières a simultanément bondi de 45,2 %, à près de 30 millions. Quant au montant des recettes touristiques, il a progressé de plus de 30 %, à 3,17 milliards de dinars (1,52 milliard d'euros).

Rétablir la confiance

Pour autant, le secteur, qui représentait 7 % du PIB de la Tunisie et 400.000 emplois en 2010, est loin d'avoir retrouvé son niveau d'alors. L'an dernier, le montant des recettes touristiques est encore en retrait de 10 % par rapport à leur niveau constaté deux ans auparavant. L'écart approchait même 16 % pour le total des nuitées. Les autorités sont loin, il est vrai, d'avoir rétabli la confiance. Le 24 janvier, une délégation de professionnels a d'ailleurs fait le déplacement à Paris, alors même que l'émission « Envoyé Spécial » de France 2 avait diffusé une semaine auparavant un reportage sur la « menace salafiste »... Une démarche qui témoigne du poids de la clientèle française dans le tourisme tunisien.

Selon l'association des voyagistes tricolores Ceto, qui représente l'essentiel du marché hexagonal, la Tunisie était encore la première destination étrangère des Français pour l'année commerciale 2011-2012 avec 413.211 clients au titre des voyages à forfait, un trafic en progression de près de 14 %. Celui-ci a été toutefois « dopé » avec la multiplication des promotions. Si les voyagistes sont aujourd'hui très rigoureux en terme de gestion de capacité, une nouvelle chute de la demande n'en serait pas moins une bien mauvaise nouvelle..

Christophe Palierse.

Lesechos.fr

Publié le 11 février 2013.

Mis en ligne le 13 février 2013.