Le secteur public n’attire plus les jeunes

Seulement 15% des jeunes souhaitent aujourd’hui mener leur carrière dans le secteur public, alors que 20% préféreraient se mettre à leur propre compte. C’est ce qui ressort de la toute dernière enquête liée à l’emploi réalisée par ReKrute. Cette étude montre surtout que l’entreprise doit, aujourd’hui, s’adapter à la jeune génération.
C’est une étude qui permet de comprendre encore mieux les motivations de la jeunesse sur le marché du travail. En effet, dans le cadre de ses enquêtes sur des thématiques liées à l’emploi, le cabinet ReKrute s’est penché cette fois-ci sur « l’entreprise idéale pour les jeunes ». Dans ce sens, il a recueilli les avis de 5236 Marocains pour décortiquer leur motivation et vision. Ainsi, sur le volet de l’employeur idéal, on note que 20,18% des répondants souhaiteraient créer leur propre entreprise, 19,49% aimeraient travailler dans une grande entreprise tandis que 18,43 se contenteraient d’une PME. L’enquête fait notamment ressortir que le secteur public ne séduit plus vraiment la jeune génération, contrairement à ce qu’il en était il y a encore quelques années. Selon cette étude, seulement 15% de jeunes souhaitent évoluer aujourd’hui dans le secteur public, contre 20% qui préfèrent créer leur propre entreprise et travailler à leur compte. « Cette étude montre la différence entre la génération X, Y ou Z. Il y a vraiment un décalage. J’ai été surprise de voir que le secteur public arrive en dernière position choix, après la PME alors qu’avant les gens auraient tout donné pour travailler dans le secteur public », explique Alexandra Montant, Directrice générale adjointe de ReKrute.

Pour elle, cela s’explique par le fait que les jeunes ont envie de se réaliser professionnellement. Mais, il faut nuancer. Mener une carrière au sein d’un ministère ou d’une administration publique ne séduit plus vraiment même si cela offre une stabilité au niveau de l’emploi, mais par contre les entreprises publiques, comme la Banque Centrale Populaire (BCP) ou la Royal Air Maroc (RAM), continuent de séduire les jeunes, car ces dernières ont de nos jours les mêmes fonctionnements et la même rigueur que les entreprises du secteur privé.

En ce qui concerne les critères de choix de l’employeur, la santé financière de l’entreprise arrive en tête, suivie par la réputation de l’employeur et les valeurs de l’entreprise. On note aussi que la localisation géographique n’est pas un critère fondamental dans le choix des jeunes. Concernant l’espace de travail, 43,89% des répondants préfèrent travailler dans un bureau semi-fermé, contre 39,76% qui optent pour un open space. « C’est un changement aussi lorsqu’on sait qu’il y a encore quelques années, tout le monde préférait être enfermé seul dans son bureau. Cela montre que les jeunes ont un esprit de travail participatif », estime Alexandra Montant.

Par ailleurs, alors que les entreprises réclament aujourd’hui des profils de plus en plus spécialisés, l’enquête montre que 63% opteraient pour la polyvalence des tâches, contre 37% qui opteraient pour la spécialisation des tâches. ReKrute explique que les jeunes ont envie de rester multitâches, car cela leur donne plus d’options. « Je pense que l’environnement professionnel demande des gens qui peuvent être chefs de projets, et on ne peut être chef de projets si on ne touche pas à beaucoup de choses à la fois. Par exemple, on peut être ingénieur, mais avoir des connaissances en marketing, en finance etc. Cela permet une compréhension plus large pour le chef de projets et de pouvoir donc travailler avec d’autres départements », soutient la directrice générale adjointe.

On apprend aussi que plus les Marocains avancent dans l’âge, et plus ils préfèrent avoir des horaires flexibles qui leur permettent plus d’autonomie et de liberté pour maintenir une vie personnelle. Ainsi, 84% des personnes ayant entre 45 et 55 ans et 84% des plus de 55 ans opteraient pour des horaires flexibles, tandis que seulement 41% des moins de 25 ans et 52% des Marocains âgés de 25 à 34 ans préféreraient avoir des horaires flexibles.

Mis en ligne le 5 Avril 2017