Création d’entreprise: les séniors plus entrepreneurs

  • Les 45 ans et plus arrivent en tête
  • Ils plébiscitent les TPE
  • Les 2/3 de ceux qui abandonnent leur projet le font faute de financement



Qui a dit que les Marocains n’aiment pas entreprendre? Sur un échantillon de 652 personnes interrogées par le jobboard Rekrute.com (voir encadré), 15% ont déjà créé une entreprise, et le tiers confie y avoir déjà songé. La moitié, en revanche, affirme n’avoir jamais considéré cette option.

L’enquête, dédiée à l’entrepreneuriat au Maroc, dresse le profil des entrepreneurs et met le doigt sur les freins et difficultés rencontrées. Contre toute attente, ce sont les séniors qui créent le plus d’entreprises. 54% des 55 ans et plus, et 40% des 45-54 ans ont déjà monté un projet. Cette part descend à 6% auprès des moins de 25 ans et à 9% chez les 25-34 ans (voir illustration).

Ce sont généralement les profils justifiant de plus de 15 ans d’expérience qui se lancent. «Le manque d’expérience des jeunes ne les encourage pas à créer une société. Ils attendent d’acquérir plus d’aptitude pour se lancer», expliquent les experts du jobboard. Le record de création d’entreprise revient aux travailleurs indépendants. 54% d’entre eux ont déjà entrepris un projet. Les salariés, public et privé, ne sont que 15% à l’avoir fait, contre 3% des étudiants et 9% des sans-emploi.

La moitié des sondés a ou aimerait œuvrer dans les services, car nécessitant généralement des investissements moins conséquents. Il s’agit essentiellement des services aux entreprises, commerce et transport. 41% se tournent vers l’industrie et seuls 9% optent pour l’agriculture et le secteur primaire de manière générale.


Être autonome, c’est la raison pour laquelle la majorité des sondés ont choisi la voie de l’entrepreneuriat. Ils rêvent également d’une meilleure progression de carrière et d’une amélioration de leurs gains financiers


Les ambitions des entrepreneurs sont très mesurées. Questionnés sur la taille d’entreprise qu’ils aimeraient atteindre, quatre sur dix ont choisi la très petite entreprise (entre 1 et 9 salariés), et le quart la petite structure (10 à 49 salariés). La moyenne entreprise (50 à 499 salariés) arrive en 3e position, choisie par 20% des enquêtés. Uniquement 16% visent une grande ou très grande société.

Une fois sur le marché, les entrepreneurs rencontrent de nombreuses difficultés, à leur tête, sans surprise, le financement. 69% ont relevé cette contrainte lors de la création de leur société. «Les institutions financières ne facilitent pas l’accès aux crédits et à l’investissement, surtout quand il s’agit de création d’entreprise», souligne l’enquête.

Les porteurs de projets manquent, également, de soutien, de conseil et ont du mal à pénétrer des réseaux. Or, sans carnet d’adresses, mentoring ou coaching, difficile d’avancer. Toujours en termes de «casse-têtes», les lourdeurs administratives se classent troisièmes, suivies des problèmes d’accès à l’information et de la pression sociale et préjugés. Les femmes sont généralement celles qui souffrent le plus du poids du jugement de la société, peu ouverte sur la prise de risque, ne tolérant pas l’échec et, surtout, n’appréciant pas toujours les ladies trop indépendantes. Cela dit, dans l’absolu, est-ce plus dur pour les femmes d’entreprendre? Non, selon 61% des personnes interrogées. 20% pensent le contraire. Pour eux, la gent féminine fait plus l’objet de la pression sociale, a davantage de mal à concilier vie personnelle et responsabilité professionnelle, et à obtenir des financements. 19% préfèrent ne pas se prononcer.

Parmi les 34% ayant envisagé l’entrepreneuriat sans franchir le pas, et les 51% qui n’ont jamais considéré cette option, les deux tiers ont abandonné l’idée face aux difficultés d’obtenir un financement. Trois sur dix ont été découragés par le coût du loyer/achat du foncier, et un sur quatre en raison du manque de soutien, réseaux et conseil. Ce sont là les 3 premiers freins. Vient ensuite la peur de l’échec, présente chez environ le quart des sondés, suivie des lourdeurs administratives.

Au final, n’est pas entrepreneur qui veut. Seuls ceux dotés de courage et ayant le goût du risque passent à l’action, défiant toutes les barrières.

Source: L'économiste