Coaching : Mieux vivre son travail

Le travail occupe une grande partie de nos journées et de notre vie. Quand il nous plaît, nous motive, il peut être une source d’épanouissement extraordinaire. Mais trop de gens s’y abrutissent, le subissent et s’y ennuient. Pourtant, être heureux dans son travail est possible. Primordial même. Voici quelques pistes pour le vivre de façon plus sereine.

Course à la rentabilité, précarisation des emplois, peur du chômage… Depuis une trentaine d’années, le monde du travail s’est durci. Loin de l’insouciance des années 60 et du début des années 70, les générations post-choc pétrolier évoluent dans un climat parfois assez anxiogène. Au point que six millions de français se déclarent insatisfaits de leur situation professionnelle, selon la dernière étude de l’Insee, parue en août dernier. Soit 12% de la population. Face à une réalité parfois pesante, comment se sentir mieux dans son travail ? En cette période de rentrée, comment repartir au bureau de façon sereine ? Que peut-on changer à son niveau, dans son quotidien ? Les conseils de Patrick Amar, psychologue clinicien et directeur général d’Axismundi, société de conseil en management et en relations humaines.

Questionner ses croyances

« Mon patron ne m’aime pas ; si je refuse ce dossier, je vais passer pour un mauvais employé ; je ne vais jamais y arriver… » Nous avons tous déjà entendu cette petite voix résonner au fond de notre tête. Réalité ou interprétation ? « Il faut commencer par interroger ses croyances, qui ne sont pas forcément justes mais qui tels des filtres conditionnent notre perception et nos comportements », explique Patrick Amar. De fait, « dire non parfois ne signifie pas être un mauvais employé. »

Certes, la logique productiviste implique des délais toujours plus courts à tenir et engendre pression et stress. Mais « il faut distinguer la pression absolue, qui vient de l’environnement extérieur, de la pression auto imposée, qui peut provenir par exemple d’une exigence élevée -« je dois tout réussir à tout moment ! »- ou d’un besoin d’approbation fort- « je n’arrive pas à dire non », poursuit le psychologue clinicien.

En somme, s’interroger sur ce qui fait que le travail devient une pression. Et c’est là que la pensée positive, ou du moins alternative, entre en scène : « Il est important de refuser les conclusions systématiquement négatives et arbitraires du type ‘Mon chef m’a demandé de changer des aspects de ma présentation, c’est qu’elle est nulle et moi avec…’ pour développer des croyances plus équitables sur soi et son environnement : ‘il n’a pas aimé un point mais a validé le reste, c’est une bonne base de travail, etc’. »

Travailler ses comportements

Combien sommes-nous à n’avoir pas osé dire non quand notre supérieur est venu trois soirs de suite à 19 heures passées nous demander de reprendre telle ou telle partie d’un dossier ? Pas si facile de s’affirmer sans culpabiliser. Pour Patrick Amar, il faut cesser de penser « qu’il faut à tout moment être à 100% en contentant tout le monde. Au contraire, il m’arrivera de faire des erreurs et de ne pas faire l’unanimité et c’est ok ! ».

Une fois cette croyance corrigée, « je vais avoir des comportements qui favorisent l’action, la prise de risque et l’exposition au travail. » En résumé, j’ose. Proposer une nouvelle idée, exprimer mon désaccord avec les autres, demander de nouvelles responsabilités… Et petit à petit, cette sensation de ventre noué qui me prenait avant chaque réunion finira par s’estomper.

« Chacun a besoin de maîtriser son environnement », ajoute Patrick Amar. Possibilité de prendre certaines décisions, gestion de son calendrier… Indispensable pour une bonne estime de soi, cette maîtrise des événements ne revient pas « à refuser toute demande mais à décourager constructivement ce qui ne me laisse pas maître de mon poste ». Ainsi, je dis à mon supérieur que si je ne peux pas finir ce dossier ce soir, il sera bouclé demain matin sans faute…


psychologies.com