Le taux de chômage gagne du terrain en passant de 9,6 à 10 %.
En ces moments où les effets de la crise économique et financière planent encore, les lectures et analyses du marché du travail sont les bienvenues.
C'est dans ce sens que la dernière note d'information du Haut Commissariat au Plan (HCP) relative à la situation du marché du travail s'agissant du premier trimestre de l'année 2010 est bien accueillie tant par les opérateurs économiques que par les différents observateurs. Cette note qui fait des comparaisons du marché du travail entre le premier trimestre de l'année dernière et celui de cette année parle aussi de son évolution dans les différents secteurs.
Le premier constat du HCP c'est que le taux d'activité a baissé de 0,4 point, passant de 50,3% au premier trimestre de l'année 2009 à 49,9% au cours du même trimestre de l'année 2010. L'autre baisse constatée par rapport à 2009 c'est celle du taux d'emploi qui a reculé de 45,4% à 44,9%, avec une baisse de 0,5 point. Passant ainsi de 38,2% à 37,8% en milieu urbain et de 55,8% à 55,4% en milieu rural. Cependant, le volume global de l'emploi a légèrement avancé, entre les deux périodes, de 10.236.000 en 2009 à 10.304.000, soit une création nette d'emplois de 68.000 postes. Ces nouveaux postes sont de l'ordre de 61.000 en zones urbaines et de 7000 en zones rurales.
Selon les mêmes données du HCP, «les nouveaux emplois créés ont profité particulièrement aux diplômés de niveaux moyen et supérieur qui ont enregistré des hausses respectives de 3.5% et de 2.6% de leur volume d'emploi. Au point de vue du statut professionnel, 41.000 des 68 000 nouveaux postes sont des emplois rémunérés, résultant paradoxalement d'une création de 76.000 postes dans les villes et d'une perte de 35.000 postes dans les campagnes.
Le reste, soit 27.000 postes, sont des emplois non rémunérés. Ils sont la conséquence d'une création de 42.000 postes en zones rurales et d'une perte de 15.000 postes en zones urbaines», précise la note du HCP.
Rappelons-le, le ministre de l'Emploi vient d'annoncer (dans un entretien accordé dans l'édition de cette semaine à notre confrère Eco Plus) que «contrairement à plusieurs pays qui ont connu une récession, c'est à dire une baisse ou une stagnation de leur produit intérieur brut, l'impact de la crise mondiale sur l'économie marocaine a été limité en raison de la faible interdépendance avec la sphère financière internationale. L'impact de la crise économique a été ressenti dans certains secteurs d'activité tournés vers l'export, notamment les industries du textile, du cuir et des équipements automobiles», a-t-il dit.
Or, selon le HCP, les pertes d'emploi ont été enregistrées dans le secteur des services qui a connu une perte de 26.000 postes (soit, -0,7%).
Ce qui est causé par le recul de l'emploi dans les branches "services personnels et domestiques" (-24.500 postes) et dans le secteur des "services sociaux fournis à la collectivité" (-26.900 postes). Par contre, une hausse dans le volume de l'emploi de 16.700 postes a concerné la branche "restauration et hôtellerie" et de 14.000 postes dans la branche "banques, assurances, activités immobilières et services fournis aux entreprises".
De même, au niveau sectoriel, les créations d'emplois ont concerné «l'agriculture, forêt et pêche» avec 43.000 postes.
Ce qui représente une augmentation de l'emploi dans le secteur de l'ordre 1,0%. Des résultats meilleurs concernent le secteur du BTP qui a créé 31.000 postes enregistrant une hausse de +3,3%, vient ensuite l'industrie avec 11.000 postes (soit +0,9%). S'agissant de la population active en chômage, le document du HCP parle d'un taux de chômage qui est passé de 9,6% à 10,0% entre le premier trimestre 2009 et la même période de l'année 2010.
Il parle aussi de l'augmentation du nombre des chômeurs qui a augmenté de 1.090.000 chômeurs au premier trimestre 2009 à 1.139.000 au premier trimestre 2010.
Il s'agit donc de 49.000 chômeurs en plus. Ce qui est paradoxal c'est qu'il s'agit de 51.000 chômeurs en plus dans les villes et 2.000 en moins dans les campagnes.
Des stratégies cohérentes
Selon le ministre de l'emploi, Jamal Rhmani, la performance du marché du travail et sa capacité à créer plus de l'emploi résulte de la stratégie cohérente et intégrée suivie par l'Etat. Il souligne que cette stratégie s'articule autour de deux axes.
Le premier est lié à la politique économique génératrice de richesse et d'opportunités d'emploi. Ce qui résulte des grands chantiers de développement notamment les plans des nouvelles stratégies : Maroc Vert, plan Emergence (220.000 emplois), plan Azur et Halieutis…
Le deuxième axe est représenté par les programmes de promotion de l'emploi, (Idmaj, programme Taehil ...).
Publié le 3 Mai 2010
Mis en ligne le 10 Mai 2010
Le Matin |